Affaire de Saint-Etienne

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Nous le disions déjà depuis quelques temps, la peine de prison prononcée contre les 4 étudiants à Rennes, inique au possible, nous a ouvert les yeux, à nous simples citoyens, sur les dérives de la justice et de la police. Avant cette affaire nous étions comme la plupart des français persuadés que si les manifestants dénonçaient les violences policières c’est qu’ils avaient joué un rôle dans la provocation des représentants des forces de l’ordre. Il en était de même pour les peines de prison prononcées, nous n’avions aucune raison valable de les remettre en question. Il faut dire que nous regardions les choses de loin.

Mais voilà, la situation rennaise dans l’affaire Bagelstein nous a amenés à regarder autrement les choses. 4 jeunes sans histoires jugés en comparution immédiate avec les peines de prison qui ont suivi, très sincèrement, comment ne pas être étonnés…

Nous avons alors découvert la manipulation de quelques médias locaux, dont au premier chef le quotidien Ouest-France, qui présente systématiquement les situations à charge contre les manifestants, n’hésitant pas à tronquer la réalité, à employer des termes accusateurs (parlant ici de militant anti-fascistes) afin d’orienter les esprits (voir l’excellent sujet réalisé par l‘Acrimed 35), et d’autre part, le contexte politique, avec ici un ministre de l’intérieur faisant la tournée des villes où les contestations sociales étaient les plus fortes, afin de promettre la plus grand fermeté à l’encontre des fauteurs de trouble, des mots portés en déclaration solennelle, comme si ce dernier était à lui seul porteur de toute l’autorité d’un état.

Sans nier qu’il y avait du trouble, sans remettre en question qu’il y avait aussi de la casse, nous avions aussi en tête que la loi travail et l’utilisation de l’article 49.3 pour la passer en force à l’assemblée nationale, qui plus est de la part d’un gouvernement de gauche, représentait une attitude ultra-violente contre un peuple qui trime déjà beaucoup. Aussi la contestation sociale, dans un contexte d’Etat d’Urgence quelque peu abusif, portée avec conviction par de nombreux jeunes qui aspirent à une autre vie, ne manquait pas de gêner le pouvoir en place, et pour cause ! Parmi ceux qui sont au pouvoir aujourd’hui tous ont connu la pouvoir de la rue pour y avoir été acteur bien des années auparavant.

Tous les ingrédients sont réunis pour que le risque de dérives policières et judiciaires, donc politiques, soit renforcé, l’affaire Bagelstein en étant une illustration flagrante.

Point de départ d’une prise de conscience citoyenne nous suivons d’autres affaires similaires se présentant en France afin d’aider à porter un regard plus juste sur ces situations et ainsi agir pour la défense des valeurs auxquels nous croyons, sérieusement malmenées depuis quelques mois. Il s’agit aussi d’œuvrer pour que les personnes concernées en premier lieu par ces situations (la plupart du temps des jeunes manifestants sans histoire) ne soient pas victimes de l’emballement médiatique et politique au travers de chefs d’inculpation extrêmement graves établis dans le but d’alourdir au maximum les peines afin de marquer les esprits et, sans aucun doute, tuer les envies de manifester. Concomitamment à ces valeurs à défendre le but de ce site est aussi d’affirmer que dénoncer les travers de certaines situations c’est agir pour permettre de discerner le vrai du faux et ne pas laisser quelques individus seulement salir l’image de la politique, de la justice, de la police. Lorsque des preuves évidentes de dérives sont là, que des faisceaux convergents mettent en lumière une situation anormale, dans des dossiers qui sont le plus souvent diaphanes, voire très creux, nous relaierons ici les situations qui sont portées à notre connaissance.

Cette fois c’est de Saint-Etienne que nous parvient une situation bien inquiétante encore une fois.

En voici un extrait :

« Le 12 mai, un millier de personnes a interpellé les deux députés de Saint-Etienne. Une banderole a été déployée depuis le balcon de la permanence de JL Gagnaire, absent au rendez-vous. Il reconnaît lui-même « ni vol ni vandalisme » dans sa permanence.

Mais le 13 mai le ministre de l’intérieur Cazeneuve, de passage à St-Etienne a appelé à « punir les casseurs » et « professionnels de la haine ». Arrêtés chez eux avec perquisitions de leurs logements et de celui de certains de leurs parents le jeudi 2 juin à 6 heures du matin, dans une opération qui a mobilisé une centaine de policiers, puis gardés à vue 36 heures, Martin, Nina, Jules et Yvan ont été traités comme des « terroristes ». Le 13 juillet prochain, ils seront conduits au Tribunal accusés de dégradations, rébellions violences sur policiers. C’est un procès politique dont l’objectif est de faire taire et dérailler le mouvement social contre la loi travail, et de punir des jeunes qui s’occupent de la politique de leur pays. »

Plus d’informations ici : http://www.lestephanoisalacasquette.fr/4-jeunes-poursuivis-les-actions-contre-loi-travail-saint-etienne/ ou encore ici http://www.humanite.fr/non-au-proces-politique-soutien-aux-jeunes-poursuivis-pour-les-actions-contre-la-loi-travail-saint

La pétition est à retrouver ici.

Le procès se tiendra le 13 juillet en après-midi. Le chef d’inculpation est « Dégradations, rébellion et violences sur policiers suite à la manifestation du 12 mai », de quoi envoyer là aussi ces jeunes en prison.

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